Eco Actives — Juin 2015

Juin 2015

Belles à épingler (extrait) — Un effet de mode récurrent

L’illustrateur Pierre-Laurent Brenot passe pour être le père de la pin-up française. Dans les années 50, elle devient l’un des symboles d’une après-guerre affamée de plaisirs. Périodiquement, elle revient sur le devant de la scène. Dans les années 70, une armée de jolies filles fera la gloire de Brenot. Il est l’homme aux 10 000 pin-up. Pour Géo Bosch-Stein, « la créature de Brenot n’a rien à voir avec celle des calendriers aux formes monstrueusement agressives de Vargas. Brenot a modelé des filles à l’image du désir masculin. Il leur a fait un corps réel, palpable, imprégné de senteurs printanières ou de lourds parfums d’alcôves ». Prolixe, les pin-up de Brenot envahissent les albums, les hors-textes des magazines de luxe, les affiches et dessins publicitaires. Si « la belle » met ses bas ou ajuste sa guêpière sans se soucier d’aucune présence, elle sait aussi aguicher les mâles de son œil coquin. Indiscutablement, la pin-up éveille le désir. Si elle ne répond pas forcément aux canons de la beauté classique, de tous ses pores transpire « un je ne sais quoi, je ne sais où » qui fait d’elle une femme à n’en point douter.

Regard ? Ligne amoureuse ? Cambrure ?

Yann Berthet